Accueil / Qui édite Borderea
L’auteurJimenez Julien, l’homme qui compte les virements que vous n’avez pas le temps de compter
Je construis des outils étroits pour des métiers précis. Borderea en est un : il ne fait qu’une chose, rapprocher vos règlements de vos séances, et il refuse volontairement de faire tout le reste.
Ce que j’ai vu en salle d’attente
Je ne suis pas psychologue. Je suis venu à ce métier par un chemin de traverse : pendant deux ans, j’ai accompagné des professionnels de santé libéraux sur des questions très concrètes de facturation et de recouvrement, et j’ai fini par passer beaucoup de temps dans des cabinets. C’est en attendant un rendez vous dans une maison de santé du Poitou que j’ai entendu la phrase qui a tout déclenché. Une psychologue, au téléphone avec sa caisse, disait : « je ne vous demande pas de me payer plus, je vous demande juste de me dire ce que vous m’avez payé ».
Elle avait devant elle un carnet à souche, un relevé bancaire imprimé et un stylo. Elle rapprochait à la main, ligne par ligne, des virements qui n’indiquaient rien. Cela lui prenait, selon ses mots, deux soirées par mois. Elle le faisait depuis l’ouverture du dispositif public de séances remboursées, et elle avait la certitude d’avoir perdu de l’argent sans jamais pouvoir dire combien.
Je suis rentré, j’ai cherché un logiciel qui faisait ce travail. J’ai trouvé des agendas, des logiciels de dossier patient informatisé, des solutions de télétransmission, des outils de comptabilité générale. Rien qui parte du virement et remonte vers la séance. Rien qui tienne le compteur de l’année civile. Et surtout, rien qui accepte de ne pas toucher au contenu clinique.
Pourquoi ce dispositif est un cas particulier
Le dispositif public de séances de psychologue remboursées a une géométrie qui n’existe nulle part ailleurs. Le tarif est unique, la prise en charge est intégrale, l’accès est direct depuis 2024, et le nombre de séances est plafonné par patient et par année civile. Le psychologue conventionné ne facture donc rien au patient : il facture à l’Assurance Maladie, et il attend.
Cette attente est le point de rupture. Une profession qui n’a jamais eu à recouvrer se retrouve du jour au lendemain avec une créance publique à suivre, sans en avoir les outils ni le réflexe. Les psychologues se sont formés à écouter, pas à pointer des lignes de virement. Et l’administration, de son côté, envoie des règlements groupés dont le libellé n’a jamais été conçu pour être relu par un praticien seul dans son cabinet à vingt et une heures.
J’ai passé plusieurs mois à collecter des relevés anonymisés auprès de praticiens volontaires, à Rennes, à Toulouse, à Niort, à Colmar. La régularité m’a frappé : presque tous portaient des séances jamais réglées, oubliées dans un trou de plusieurs mois, et presque personne ne le savait. Le montant médian que nous avons retrouvé, sur une seule année, tournait autour de six cents euros par praticien.
La décision fondatrice : ne rien savoir du patient
La première réunion de conception a porté sur ce que le logiciel n’aurait pas. Pas de champ de texte libre. Pas de compte rendu. Pas de motif de consultation. Pas de pièce jointe. Pas d’agenda partagé où l’on devine, par recoupement, la fréquence d’un suivi.
Ce choix a un coût commercial évident : il empêche de vendre Borderea comme un outil complet de cabinet, et il ferme la porte à des fonctions que l’on nous réclame régulièrement. Il a aussi un bénéfice que je considère supérieur : un psychologue peut ouvrir Borderea sans avoir à se demander si le secret professionnel est engagé, parce que la réponse est écrite dans la structure même des données. Il n’y a rien à protéger, puisqu’il n’y a rien à écrire.
Techniquement, cela se traduit par un modèle de données volontairement pauvre : une identité de facturation, un numéro de sécurité sociale, des dates, des montants, des états de règlement. C’est suffisant pour rapprocher un virement. C’est insuffisant pour reconstituer quoi que ce soit d’un suivi, et c’est exactement le point.
Comment le moteur de rapprochement a été construit
Le noyau de Borderea est un problème d’appariement. On dispose d’un ensemble de séances facturées, chacune avec une date, un montant et une caisse d’affiliation, et d’un ensemble de virements reçus, chacun avec une date et un montant. Il faut retrouver quelles séances composent chaque virement, sachant que les combinaisons possibles sont nombreuses dès que les montants sont identiques, ce qui est le cas ici puisque toutes les séances valent le même prix.
La solution ne pouvait donc pas reposer sur le seul montant. Elle croise la fenêtre de délai observée entre une facturation et son règlement, la caisse émettrice, l’ordre chronologique des envois et l’historique des rapprochements déjà validés par le praticien. Chaque correction manuelle nourrit le modèle propre à ce cabinet. Au bout de deux ou trois mois, le taux de rapprochement automatique se stabilise autour de neuf virements groupés sur dix.
La deuxième brique, l’import des retours Noémie, a demandé un travail éditorial autant que technique. Les motifs de rejet sont exprimés dans un vocabulaire administratif qui n’aide personne. Nous les avons traduits un par un, en français courant, avec la correction à apporter et le délai restant. C’est une petite chose, et c’est celle dont on nous parle le plus.
Mes convictions produit
Un logiciel professionnel doit pouvoir se refermer. Borderea s’ouvre le premier lundi du mois, se lit en dix minutes et se referme. Il n’envoie pas de notification, il ne cherche pas à créer une habitude quotidienne, il ne mesure pas votre engagement. Une profession qui passe ses journées à écouter n’a pas besoin d’un outil qui réclame de l’attention.
Le prix doit être lisible du premier coup. Dix neuf euros hors taxes par mois pour un exercice seul, trente neuf pour un cabinet de trois, soixante dix neuf pour une structure de dix. Pas de palier caché au nombre de patients, pas de commission sur les sommes recouvrées, pas de frais d’activation. Une profession dont la séance est payée cinquante euros ne doit pas avoir à calculer si son logiciel lui coûte plus cher qu’une consultation.
Les données appartiennent à celui qui les saisit. L’export complet est disponible en permanence, sans demande préalable et sans frais. La résiliation se fait en trois clics depuis l’espace du praticien. Je considère qu’un éditeur qui rend le départ difficile a déjà cessé de mériter qu’on reste.
Enfin, je crois aux outils étroits. Il existe d’excellents agendas, d’excellents logiciels de facturation généralistes, d’excellents cabinets comptables. Borderea ne cherche à remplacer aucun d’eux. Il occupe l’espace précis que personne n’occupait : entre le virement reçu et la séance rendue.
Ce que je fais concrètement chaque semaine
J’écris le produit, je réponds aux demandes reçues par le formulaire, et j’assure les mises en service. Une reprise d’année en cours, chez un praticien seul, prend environ une heure au téléphone. Pour une structure de dix psychologues, nous étalons ces reprises sur deux semaines. Je fais ces séances moi même, parce que c’est là que j’apprends ce qui manque encore.
Je participe aussi aux échanges des groupes professionnels où les psychologues conventionnés s’entraident sur les questions administratives. J’y réponds sous mon nom, sans placer Borderea dans chaque message. La plupart des questions posées trouvent leur réponse dans la convention, pas dans un logiciel, et le dire fait partie du travail.
Ce que j’écris dans Le Carnet des règlements
Le magazine du site rassemble neuf articles consacrés à une seule question, l’argent des séances conventionnées, de la feuille de soins jusqu’au virement de la caisse et à la relance de ce qui n’a jamais été réglé. Ils ont tous paru le 3 septembre 2026, jour de la mise en ligne, et le sommaire suit un ordre éditorial plutôt qu’un ordre d’ancienneté. L’ensemble se parcourt depuis Le Carnet des règlements.
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Reconstituer un virement groupé de la caisse, séance par séance
Guide pratique, publié le , 8 minutes de lecture.
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Conventionnement psy: ce que la caisse impose, et ce qu’elle n’impose pas
Réglementation, publié le , 8 minutes de lecture.
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Six rejets de facturation qui reviennent sans cesse, et leur coût réel
Erreurs à éviter, publié le , 8 minutes de lecture.
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Feuille de soins papier ou télétransmission: ce que change chaque voie
Comparatif, publié le , 7 minutes de lecture.
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Trois mois d’impayés démêlés dans un cabinet partagé de trois psychologues
Cas d’usage, publié le , 9 minutes de lecture.
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Clôturer l’année civile avant la remise à zéro de vos compteurs
Liste de vérification, publié le , 8 minutes de lecture.
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L’année du psychologue conventionné, mois par mois, sans mauvaise surprise
Calendrier, publié le , 8 minutes de lecture.
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Ce que coûte vraiment une séance conventionnée jamais réglée
Chiffrage, publié le , 8 minutes de lecture.
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Ce qui change pour les psychologues conventionnés, et comment s’y préparer
Tendances, publié le , 8 minutes de lecture.
MLJ, l’éditeur
Borderea est édité par MLJ, société par actions simplifiée unipersonnelle au capital de 500,00 euros, immatriculée sous le numéro SIREN 934 769 837 au registre du commerce et des sociétés de Paris depuis le 30 octobre 2024. J’en suis le dirigeant et le directeur de la publication.
MLJ conçoit et exploite des logiciels professionnels destinés à des métiers réglementés, sur un modèle d’abonnement mensuel sans engagement. L’entreprise ne prend aucune commission sur les flux financiers de ses clients, ne revend aucune donnée et n’installe aucun outil de mesure d’audience sur ses sites. Les serveurs de Borderea sont situés en France.
Pour toute question sur l’édition du service, sur un projet de mise en service ou sur un point de la convention que vous souhaiteriez me soumettre, écrivez à jimenezjulien42@gmail.com ou passez par le formulaire de contact.